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28 juin 2026

Prix immobilier Maroc 2026 : ce que dit vraiment la baisse

Baisse des prix de l'immobilier au Maroc au T1 2026 : ce que disent vraiment les chiffres officiels (Bank Al Maghrib/ANCFCC) et ce que ça change pour un acheteur MRE.

« Les prix de l’immobilier s’effondrent au Maroc. » Le titre tourne partout depuis la dernière note de Bank Al-Maghrib et de l’ANCFCC. Et comme souvent, le chiffre qui circule (-40%) n’est pas celui qu’il faut regarder. Le marché ralentit, c’est réel, mais il ne s’effondre pas. Cet article fait le tri : ce que disent vraiment les données officielles du premier trimestre 2026, pourquoi le marché ralentit, et surtout ce que ça change concrètement quand on est un MRE qui veut acheter au pays.

En résumé

  • Sur un an, les prix reculent de 0,4% seulement, et les ventes de 9,3%. La baisse est réelle mais modérée.
  • Le « -40% » qui fait les gros titres est un chiffre trimestriel, amplifié par la saisonnalité et par un T4 2025 exceptionnel. Ce n’est pas un krach.
  • Le vrai mouvement est sur les volumes (le marché se met en pause), pas sur une chute brutale des prix.
  • Une cause documentée pèse : la transition fiscale de la Loi de Finances 2026 (taxe sur le cash), qui crée de l’attentisme.
  • Pour un acheteur MRE, un marché qui ralentit = plus de marge de négociation, à condition de rester sélectif.

Sommaire

  1. Ce que disent les chiffres officiels
  2. Prix ≠ transactions : pourquoi le « -40% » trompe
  3. Pourquoi ce ralentissement ?
  4. Ce que ça change pour un acheteur MRE
  5. Comment agir sans se tromper
  6. Se faire accompagner quand le marché se retourne
  7. Questions fréquentes

Ce que disent les chiffres officiels

Au premier trimestre 2026, selon Bank Al-Maghrib et l’ANCFCC, l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) recule de 0,4% sur un an (et de 2,4% sur le trimestre). Côté résidentiel, c’est -0,6% sur un an. Le vrai signal est sur les ventes : le nombre de transactions baisse de 9,3% sur un an (et de 40,2% sur le trimestre).

Marché immobilier au Maroc T1 2026, variations des prix et des transactions sur un an et sur le trimestre, source BAM/ANCFCC

Par ville, sur le trimestre, les prix reculent à Rabat (-4,7%), Casablanca (-2,7%), Marrakech (-1,5%) et Tanger (-3,9%). Partout, le même schéma : des prix qui se tassent modérément et des volumes en net repli.

Prix ≠ transactions : pourquoi le « -40% » trompe

La première erreur de lecture, c’est de confondre prix et nombre de ventes. Les prix bougent peu (lisez la colonne annuelle : -0,4%). Ce qui chute, ce sont les volumes. Et la deuxième erreur, c’est de prendre le chiffre trimestriel pour la tendance.

Le « -40% » est une variation d’un trimestre à l’autre (T1 2026 comparé au T4 2025). Or cette comparaison est trompeuse, pour une raison saisonnière souvent ignorée. L’indice mesure les ventes enregistrées, et entre la signature d’un compromis et l’enregistrement définitif, il s’écoule généralement deux à trois mois, parfois plus. Autrement dit, les ventes enregistrées au T1 2026 ont surtout été conclues fin 2025, et celles du T4 2025, plutôt pendant l’été.

Or l’été est traditionnellement la meilleure saison pour conclure : plus de temps pour chercher et faire des travaux, envie de boucler avant la rentrée. Un schéma qu’on retrouve aussi en France. La rentrée, à l’inverse, est plus lente (reprise professionnelle et scolaire, dépenses associées). Ces ventes d’automne, plus rares, n’apparaissent qu’un trimestre plus tard, au moment de leur enregistrement. Résultat : le premier trimestre est structurellement le plus faible de l’année en enregistrements. Ce n’est pas nouveau : au T1 2025 déjà, le nombre de transactions avait fortement reculé (environ -15% sur un an), alors que les prix, eux, restaient quasi stables. Le creux du premier trimestre porte d’abord sur les volumes, pas sur les prix.

À cela s’ajoute un effet de base : le T4 2025 a été un point haut exceptionnel, le plus élevé depuis 2020 à l’exception du rebond post-Covid de 2021. Comparer un premier trimestre ordinaire à ce sommet amplifie mécaniquement l’écart. En clair : le T1 2026 ne s’effondre pas, il retombe d’un pic saisonnier vers sa moyenne.

Nombre de transactions immobilières résidentielles par trimestre au Maroc de 2020 à 2026, montrant la saisonnalité et le pic du T4 2025

Comment lire l’IPAI. L’indice est calculé par la méthode des ventes répétées (base 100 en 2006), sur les seules transactions enregistrées à la conservation foncière. Comme l’enregistrement intervient avec un décalage de plusieurs semaines à plusieurs mois sur la vente réelle, un trimestre reflète surtout des transactions conclues le trimestre précédent — et le tout dernier trimestre, encore incomplet à la date d’arrêt (35 jours après sa fin), est ensuite révisé.

Pourquoi ce ralentissement ?

Précision honnête : la note de Bank Al-Maghrib ne donne aucune cause, elle mesure. Tout « pourquoi » est donc une interprétation, à manier avec prudence. La première explication, saisonnière, on vient de la voir : elle explique l’essentiel de l’ampleur du chiffre trimestriel. À côté, deux autres facteurs.

Une cause documentée : la transition fiscale 2026. La Loi de Finances 2026 instaure un droit d’enregistrement additionnel de 2% sur la fraction payée en espèces, pour les mutations immobilières dépassant 300 000 dirhams, applicable au 1er juillet 2026. Objectif affiché : tracer les transactions et réduire l’informel. Effet logique : une partie des opérations qui passaient par du cash se retrouvent gelées ou reportées, ce qui pèse sur les volumes. La mesure n’étant pas encore en vigueur au premier trimestre, elle agit surtout par anticipation.

Une correction après des années de hausse. Il ne faut pas écarter qu’après plusieurs années de hausse soutenue des prix, une part de correction soit simplement en train de s’opérer.

Des interprétations plausibles, à prendre comme telles : un attentisme des promoteurs (clôture des comptes de fin d’année, attente d’y voir clair sur la fiscalité) et des conditions de financement plus prudentes. Ce sont des hypothèses de bon sens, pas des faits établis par la note.

Ce que ça change pour un acheteur MRE

Un marché qui ralentit en volumes, ce n’est pas une mauvaise nouvelle quand on est du côté de l’acheteur. Moins de concurrence, des vendeurs moins pressés et plus ouverts à la discussion, des délais qui s’allongent : autant de marge de négociation. Mais attention au piège inverse : un bien qui ne se vend pas n’est pas forcément une bonne affaire. Dans un marché sélectif, la qualité du bien et la justesse du prix comptent plus que jamais.

Comment agir sans se tromper

Trois réflexes. D’abord, raisonner sur le rendement net réel d’un bien, pas sur le prix affiché ni sur un rendement brut flatteur. Ensuite, négocier sur des données (prix réels de transactions comparables, pas prix d’annonce). Enfin, rester sélectif et ne pas céder au FOMO inversé du « ça baisse, j’achète n’importe quoi ». Un marché plus calme récompense la patience et la méthode. Pour aller plus loin, lire les 5 questions à se poser avant d’investir au Maroc.

Se faire accompagner quand le marché se retourne

C’est exactement dans ce type de marché qu’un accompagnement aligné sur l’acheteur prend de la valeur. Lire les données froidement, distinguer un vrai point d’entrée d’un bien qui stagne pour de mauvaises raisons, négocier sur du concret : c’est le travail que je fais pour les MRE qui achètent à distance, côté acheteur, sans bien à écouler.

Questions fréquentes

Est-ce le bon moment pour acheter au Maroc ? Ça dépend du bien et de votre objectif, pas du climat général. Un marché plus calme ouvre des marges de négociation, mais ne transforme pas un mauvais bien en bonne affaire.

Les prix vont-ils continuer à baisser ? Personne ne peut le prédire honnêtement, et la note officielle ne dit rien sur l’avenir. Sur un an, la baisse reste modérée (-0,4%). Mieux vaut raisonner bien par bien que parier sur une tendance.

Faut-il attendre avant d’acheter ? Attendre coûte aussi (loyer, temps, opportunités). La vraie question n’est pas « quand » mais « quel bien, à quel prix, pour quel rendement réel ».

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Sources : Bank Al-Maghrib / ANCFCC (note IPAI T1 2026, officielle) ; le360, LesEco, Deloitte, SNRT (mesures de la Loi de Finances 2026 sur le cash).